Margo rentre dans les communautés, cherche dans ces endroits un rapport immédiat à l’autre, affranchi des différents codes des différents milieux de notre société, trouvant là des espaces relationnels qui n’ont pas de place dans l’espace social normé. Elle se fond dans l'immobilité de leur quotidien, elle ralentit, repose, discute, en extrait des bouts de vie.
Dans le spectacle Je me suis réfugiée là,là,là ... Margo chou pose sa table, une enceinte, de la musique variété tzigane, celle qu'on ne connaît pas ici. Celle qui ressemble aux musiques des bleds du monde. Entre poésie, intimité, discussion, elle évoque en fragments réalistes ou surréalistes, les espaces repliés sur eux-mêmes, les espaces requalifiés des villes, ces endroits d’empêchement fabriqués par la société, évoque des rencontres sur les trottoirs, raconte des moments passés dans les fossés sur les platz avec les Rroms ou autres, des moments de fête et de flânerie, allongée, les gris-gris, les doudous.... 

 

"Chou, son truc, c'est les piste transversales, les fourrés, les fossés, les dessous de ponts, les lieux où généralement tu ne fourres pas ton nez. Elle cavale en diagonale, furette en oblique, en biais, et cela débouche immanquablement sur la découverte de nids, de niches, de planques. Elle y rencontre des gens et des histoires. Et ce sont ces gens, ces histoires qui sont au cœur de son spectacle. Cela paraît simple, évident.  Et pourtant ils sont rares les bipèdes créateurs à adopter cette approche. À admettre que se mettre à nu, c'est accepter le tâtonnement, la recherche improvisée, l'impromptu. À naviguer sur des mers instables, des océans périphériques. Au petit bonheur la chance.

Chou, elle parle à tout le monde. C'est sa manière d'être. Elle interpelle, elle rigole, elle s'accroche comme une tique. Les damnés de la rue comme les gros cons friqués (mais plus les premiers quand même). Les éboueurs comme les putes. C'est une curiosité sur pattes, une voix qui interpelle ce qui se présente, candide et affamée."  Emilien Bernard