Sur le rebord des places, les bistrots s’éclaireront de poésie et de musique

Tout autour de la place, de l'information, réelle et urgente

Sans gouverneurs dans l'information

Les écrans expliqueront la vitesse qu'on ne contrôle plus

De sa niche du quartier dans le monde à l'univers des mondes

On sortira de son habitat pour habiter le quartier et en prendre soin

Et dans le même temps, ils iront chanter dans les commerces en bordure de la place

Des boules à facettes déborderont sur les trottoirs

Et vers le ciel, en rayon laser, des nouvelles étoiles

Ils iront calme, clamer, déclamer leurs maux actuels, leurs prises de consciences en état de choc permanent

Pour s'exprimer, Ils se serviront des sas existants de cette société urbanisée

Tout se dessinera sur les parvis des banques, des institutions, des commerces et des espaces vides séquestrés

Dans les files flics d'attentes, ils s'immoleront de mots qui crieront pour ne pas foutre feu et péter les plombs d'impuissance

Les langues se seront déliées puis partagées

Dans les files flics d'attentes de l'état, ils refuseront de se faire avoir et feront les derviches tourneurs contagieux

Dans les urgences hospitalières, pour oublier l'attente et les dysfonctionnements, ils raconteront aux internes employés mous des soirs des histoires qui éveillent

Les histoires de Drago, Lula, Claudine, Dusana et de Yassine

Des rêves propulsés ramenant petit à petit la vie

Et ne pas se ronger, de trop prêt

Dans les ghettos et dans les bus des ghettos, il y aura des lignes, et encore plus

Des chansons feront fondre les grandes entreprises inutiles

Des chansons feront des poumons aux grandes entreprises inutiles

Et le personnel peureux se fera piqué dans l'âme enfoui de ces creux

Loin de leur conception initiale

Dans leurs entres, ils se surprendront

Et tout ça se fera sans argent

Nous irons danser dans les bars qui ne dansent pas et sur les places achevées sans considération aucune des années de vies, d’essence et d'effluves des naissances

Nous continuerons en troubadours comme dans les sociétés féodales

Sans objectifs précis, il faudra purifier les espaces économiques en leur marchant dessus et à cloche pied, appuyer le talon par moment, piétiner, et souvent, en sautillant comme on sautillait il y a quelques années sur les parquets et les espaces de fêtes qui avaient été conçues maintenant clos

Certains, en parallèle de leurs espaces autonomes, caves, punks, squats avaient senti l'urgence d'en sortir par moment et de mettre tout dehors et visible d'étaler tout dehors sans urgence avant l'urgence

Tout se réinventeraient dans ces espaces enfermés contrôlés

Ceux qui l'étaient déjà et ceux qui le deviendraient bientôt

Une danse va bientôt se dessiner dehors et d'avantage sans attendre d'avantage de carnages

Un mouvement va se propager sur le bitume des rencontres avant les prochaines morts

Et chacun s'inventera sa fête en parallèle d' autres fêtes dépressives explosives

Les déambulations de foule devront être sans prétexte, sans revendication, sans objectif

Mais être : D'être et d'exister sans candidature au monde

Exister avant les carnages

Anticiper et être déjà en place sur la place

En parallèle de son bout de boulot

En parallèle de son bout de maison

En parallèle de son bout d'espace spécialisé chaleureusement confectionné pour être au chaud avec soi

En parallèle de tout ça, ils accorderont du temps pour se retrouver

Sans objectifs précis et vivre

Parce que la nature n'a rien demandé